Le twin fin existait avant Mark Richards
Bob Simmons explore déjà les configurations à deux dérives à la fin des années 1940. Les Twin-Pin des frères Mirandon et le fish de Steve Lis développent ensuite d’autres lectures du même principe. L’histoire du twin est donc faite de branches, pas d’un inventeur unique.
Ce contexte évite un raccourci fréquent : les planches de Mark Richards ne surgissent pas seules. Elles assemblent des influences, un apprentissage de shaper et une manière très personnelle de surfer.
Narrabeen, 1976 : la démonstration de Reno Abellira
Richards raconte que le déclic vient du Coke 2SM Surfabout de 1976, à Narrabeen. Il observe Reno Abellira sur un twin fin court, au nez rond, rapide et mobile dans de petites vagues. La planche élargit soudain le champ de ce qu’un twin peut faire debout.
De retour à Newcastle, Richards façonne le Bumblebee. Il ne cherche plus seulement la vitesse libre du fish : il travaille une plateforme capable de relancer et de tourner avec l’engagement d’un surf de compétition.
Chun’s Reef et l’apprentissage avec Dick Brewer
Pendant l’hiver hawaïen 1976-1977, Richards travaille avec Dick Brewer à Chun’s Reef, sur le North Shore d’Oahu. Cette période affine sa compréhension du rocker, du foil et des courbes adaptées à plus de puissance.
En 1977, à Newcastle, il shape son premier Free Ride Twinfin. Son outline plus plein et ses deux dérives proposent un mélange de vitesse, de maniabilité et de relance que Richards peut pousser avec son gabarit et sa ligne très reconnaissable.
1978-1982 : la preuve en compétition
Richards utilise ses twins sur le circuit à partir de 1978. Il remporte quatre titres mondiaux consécutifs de 1979 à 1982. Les résultats ne prouvent pas qu’une configuration est supérieure partout ; ils prouvent quun design cohérent avec un surfeur et ses trajectoires peut gagner au plus haut niveau.
Cette séquence installe durablement le twin fin dans l’imaginaire du surf : rapide, expressif, capable de pivoter sans perdre l’élan. Elle explique aussi pourquoi les shapers contemporains continuent à revisiter ce langage.
Quel twin fin regarder aujourd’hui chez Addiction
Le Split Tongue pousse une lecture moderne et joueuse du twin. Le Clincher vise davantage de précision, tandis que le Thrive élargit la plage d’usage. Pour une sensation twin keel plus proche du trim, le B52 constitue l’autre repère.
Le bon choix dépend moins du prestige historique que de vos vagues : taille habituelle, puissance, vitesse naturelle de la vague et manière de poser les appuis.
Sources consultées
Pour vérifier et aller plus loin.
- Where it all beganMark Richards Surfboards
- The Twin-Fin DesignThe Surfer's Journal
- MR voted Australian surfing's greatestABC Australia
L’histoire donne des repères. Votre planche doit ensuite répondre à vos vagues, votre gabarit et vos sensations.
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