Sunset Cliffs : les conditions qui donnent naissance à la forme

Au début des années 1960, le kneeboarder et shaper Steve Lis expérimente des paipos à Sunset Cliffs, au sud de San Diego. En 1967, il taille dans un blank de longboard raccourci une planche en mousse munie de deux pointes arrière et de deux grandes dérives : la matrice du fish en polyuréthane.

Les premiers exemplaires mesurent souvent moins de cinq pieds. La position à genoux permet de concentrer beaucoup de surface sous le corps, tandis que la queue fendue et les deux dérives donnent du contrôle sans sacrifier la vitesse.

Pourquoi un fish accélère si naturellement

Le fish classique associe un rocker bas, un outline large, une longueur réduite et deux dérives keel. Le rocker limité présente davantage de surface à l’eau et conserve l’élan. La largeur aide à partir tôt ; les keels transforment cette surface en appui latéral.

Ce dessin s’exprime par un équilibre précis. La profondeur du swallow, le placement des dérives, le foil des rails et la répartition du volume déterminent la liberté de glisse, la facilité de mise sur le rail et la qualité des trajectoires.

De la scène locale à une famille mondiale

Jeff Ching fait partie des premiers surfeurs à se lever sur ces petites planches initialement pensées pour le kneeboard. David Nuuhiwa et Mike Tabeling comptent ensuite parmi les pratiquants connus qui donnent de la visibilité au fish, longtemps resté lié à la scène de San Diego.

Sa diffusion montre surtout la solidité du concept : quand les planches raccourcissent, le fish propose une autre réponse que le shortboard étroit. Il garde de la surface, simplifie la prise de vitesse et invite à tracer des courbes plus horizontales.

Ce que le fish historique dit encore au surfeur moderne

Choisir un fish aujourd’hui ne consiste pas à rejouer 1967. Le principe reste pertinent pour les vagues peu puissantes, les sections rapides et les surfeurs qui veulent générer moins de vitesse par le pumping. Le gabarit, le niveau et le type de vague doivent néanmoins guider la longueur et le volume.

Un twin keel privilégie généralement la glisse et les arcs ouverts. Un fish quad ajoute des points d’appui et accepte davantage de pression près du pocket. Ces sensations viennent autant du shape complet que du nombre de dérives.

Deux interprétations Addiction du fish

Chez Addiction, le B52 twin keel recherche la vitesse libre, le trim et les grandes courbes. Le B54 fish quad conserve une plateforme généreuse mais offre plus de tenue lorsque la vague pousse ou que la trajectoire se resserre.

Ces modèles ne prétendent pas être des copies d’une planche historique. Ils traduisent une idée éprouvée — concentrer la vitesse dans peu de longueur — pour des surfeurs, des matériaux et des vagues actuels.

Sources consultées

Pour vérifier et aller plus loin.

  1. The Fish That Ate the WorldSurfline
  2. A Tale of Two San Diego SurfboardsSurfline
  3. The History of Surfboard Design: FishSurf Simply

L’histoire donne des repères. Votre planche doit ensuite répondre à vos vagues, votre gabarit et vos sensations.

Parler de mon projet